Nous les Allemands

Alexander Starritt

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  • Conseillé par (Libraire)
    28 août 2023

    Le récit de Meissner est saisissant

    Qu’est-ce que ça fait d’être du mauvais côté de l’Histoire ? Comment vivre avec une conscience entachée, une “marque d’infamie” ?
    Ce roman aborde ces interrogations à travers une lettre, une lettre d’un grand-père à son petit-fils découverte uniquement après le décès de ce premier. La forme de ce roman révèle la complexité de ce sujet, la difficulté de l’aborder avec les générations suivantes. Comment pourraient-elles comprendre ?

    Meissner, ancien soldat allemand qui a combattu sur le front de l’Est durant la seconde guerre mondiale, choisit de raconter à son petit-fils, Callum, quelques jours de cette guerre durant lesquelles la défaite de l’Allemagne était proche, une défaite, selon lui, “juste”.
    A l’aide de journaux intimes et de lettres qui datent de cette période, l’auteur, Alexander Staritt, met en lumière ce pan de notre histoire qui reste méconnu de beaucoup. Il nous livre un roman dans lequel, un soldat allemand, cet antagoniste maintes fois revisité dans la littérature et le cinéma, est à la fois un jeune homme qui n’a “jamais demandé à porter cet uniforme” et rêve de devenir chimiste, et un grand-père aimé de son petit-fils. Alexander Staritt humanise le stéréotype du “méchant”.

    Le récit de Meissner est saisissant. Les événements décrits sont pour le moins terribles.
    Cependant, les dilemmes moraux auxquels Meissner est en proie révèlent tout autant l’atrocité de cette guerre : culpabilité individuelle ou collective, honte, courage, loyauté, orgueil, espoir : le conflit est également intérieur.
    Ce roman est complexe, déconcertant. L’auteur aborde un sujet clivant : eux, les Allemands, ont commis des “abominations”, mais ont-ils tout de même droit à l’expiation ?