Les abeilles grises

Andreï Kourkov

Liana Levi

  • Conseillé par (Libraire)
    27 mai 2022

    La guerre, du miel et les abeilles

    2014, Région du Donbass en Ukraine. Sergueïtch 50 ans est apiculteur, il vit avec son voisin Pachka dans le village de Mala Starogradivka en zone grise sur la ligne de front.
    En état d’alerte permanent, Sergueïtch craque et finit par quitter son village en compagnie de ses précieuses abeilles. Commence alors pour lui un road-trip salvateur à travers l’Ukraine, marqué par des rencontres fortes et souvent inattendues.
    Andreï Kourkov nous offre un roman extrêmement touchant sur fond de conflit Russo Ukrainien. Il exprime à la fois toute l’absurdité de cette guerre, et souligne avec beaucoup de finesse d’esprit, le grand désarroi de la population civile ukrainienne face à l’envahisseur russe. Porté par un élan de solidarité, on découvre combien ce peuple Ukrainien résilient, essaie de vivre malgré la surveillance accrue de ce voisin, ô combien encombrant.


  • Conseillé par (Libraire)
    14 avril 2022

    Un voyage poétique qui résonne avec l'actualité ...

    Pour sauver ses abeilles, un apiculteur de la zone grise (zone de guerre entre l'armée ukrainienne et les séparatistes prorusses) décide de quitter son quotidien rythmé par les bombardements pour traverser l'Ukraine à la recherche d’un climat plus clément !
    A travers le regard de Sergueï, c'est tout un paysage politique qui s'ouvre à nous. Un roman poétique et sensible, lequel publié en février 2022 voulait croire encore à un retour à la paix.


  • Conseillé par (Libraire)
    4 février 2022

    Le plus célèbre des écrivains russophones nous fait cadeau d'une petite pépite d'humanité.

    Il y a presque quinze ans, je devais disserter sur le traitement dramaturgique de la guerre dans une pièce de mon choix. L'esprit frondeur de l'adolescence qui s'attarde m'avait fait choisir "La Guerre de Troie n'aura pas lieu", de Jean Giraudoux. Pied de nez grossier au professeur bien-aimé, je me rappelle avoir noirci de pleines pages sur le sous-texte d'un conflit larvé, omniprésent mais abstrait. Si le hors sujet s'est révélé fatal, le plaisir de cette analyse m'était restée : sans rage ni fracas, sans bruit ni fureur, sous couvert de ne rien en dire, certaines plumes ont le pouvoir et le don d'écrire la guerre - et son entière absurdité.
    💣 Faisons un saut dans le temps, revenons à l'ultra-présent sous d'autres latitudes. Dans un petit village de la "zone grise", coincés entre l'armée gouvernementale ukrainienne et les forces séparatistes pro-Russes cohabitent deux "habitants de la guerre" qui refusent de devenir exilés. Le brave, honnête et dévoué apiculteur Sergueïtch et son ennemi d'enfance, le roublard Pachka, sont les seuls à peupler encore Mala Starogradivka déserté. Aussi différents et politiquement opposés que les hommes qui ont donné leurs noms aux deux rues qu'ils occupent (Lénine et Chevtchenko), Pachka et Sergueïtch s'inventent un quotidien loufoque et bien rythmé, dans un no man's land peuplé d'abeilles , de grenades et de tirs de snipers . C'est au printemps, au volant de sa Tchetviorka, que Sergueïtch part en quête d'un bout d'herbe plus vert pour poser ses ruches. Son regard de Candide d'un autre âge nous sert de guide dans cette #Crimée en crise, et nous révèle les dimensions d'un conflit bien plus nuancé, infiniment plus complexe qu'il n'y parait. Un roman étonnant à l'écriture joyeuse et aux lectures plurielles, où absurde et bon sens se mêlent allègrement.
    💣 Alors que l'Ukraine fait les grands t(r)i(s)tres des journaux, le plus célèbre de ses écrivains russophones nous fait cadeau d'une petite pépite d'humanité.